Rénovation et réaffectation du Cinéma Rio, Rue Marie-Christine 100-102 Laeken, Bruxelles.

  • Durée : 2018 –
  • Type de marché : privé
  • Maître de l’ouvrage : DEBRICO sa
  • Importance : 1500 m² bruts
  • Programme : Reconversion d’ancien cinéma désaffecté en showroom de décoration au niveau du parterre et en salle de spectacle/évènement de quartier (finalité amateur et cohésion sociale)
  • Ancien cinéma classé patrimoine bruxellois en 2010 par le gouvernement.
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Historique

Les deux maisons de type bruxellois qui seront fusionnées par la suite ont été construites à la fin du 19e siècle. Transformées en salle de théâtre en 1914 sous le nom « Odéon » et ensuite en cinéma en 193, le « Rio », qui prit son nom en 1935, connu une véritable transformation en 1954 suivant les dessins des architectes René Ajoux et François de Bond dans le style moderniste caractéristique des années 50’. Son architecture est très représentative des cinémas qui lui sont contemporains.

Le cinéma Rio présente tant un intérêt esthétique et architectural qu’un intérêt culturel et historique. En effet, dans les années 50’, il était d’usage de se rendre régulièrement au cinéma, il s’agissait d’une occupation hebdomadaire qui animait le quartier. La rue accueillait d’ailleurs deux autres cinémas (le Christine et le Wagram).

Sa façade se développe sur 10,80m, soit la largeur de deux parcelles. Elle a une allure résolument moderniste avec ses jeux de courbes et contre-courbes, ses décors en béton architectonique et ses couleurs. Elle présente une grande entrée sous un auvent courbe dont la tranche est plaquée en duralumin (alliage à base d’aluminium, de cuivre, de magnésium et de manganèse utilisé dans l’aéronautique pour sa légèreté et sa grande résistance) et la face inférieure recouverte d’un enduit en Steengas (enduit fixé sur un treillis et recouverte d’une céramique cuite à haute température résistante au feu). Elle présente un calicot dont le cadre mouluré était auparavant en bois naturel (voir étude stratigraphique et plans). La partie inférieure de la façade est encadrée par des plaques en marbre Lunel (teinte beige). Une marche en marbre Labrador Noir permet de surélever légèrement la façade et de créer une esplanade devant le cinéma. La partie supérieure de la façade présente un bow-window légèrement courbe où se trouvent deux étages de fenêtres à vitraux colorés qui apportent une lumière tamisée aux locaux de service. Le revêtement de la façade composé de carreaux en grès turquoise et blanc sont caractéristiques de cette époque. Des hampes en bois cerclées de bagues en béton permettre d’encadrer la façade et agissent en véritable signal architectural et culturel dans la rue. Un cadre en Marbre Labrador Noir structure les bords de la façade.

Transformé en 1975 en commerce, la majorité du rez-de-chaussée a disparu, hormis l’escalier gauche en marbre rose menant à l’entresol. Les portes d’entrée vitrées, s’ouvrant jadis sur toute la largeur de la façade, ont été remplacées par des vitrines et une double porte centrale menant au magasin. A ce titre, le classement ne concerne pas le rez-de-chaussée. Actuellement, une porte distincte du commerce située à gauche de la façade mène aux étages supérieurs.

Quant à la salle de projection, elle présente un volume époustouflant et d’une qualité spatiale et scénique reconnue par de nombreux connaisseurs. En effet, l’architecte auteur du projet, René Ajoux, était spécialisé dans le dessin de salles de spectacles à Bruxelles et celle-ci fut une de ses réalisations les plus réussies.

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